Mrs. Patricia Zoundi Yao.

« Une PME bien accompagnée peut devenir un moteur économique puissant pour tout un pays. »

– Patricia Zoundi YAO

Mme Patricia Zoundi YAO (Présidente du MPME)

Une vision, un combat, une renaissance pour les PME ivoiriennes

 

A la tête du Mouvement des Petites et Moyennes Entreprises (MPME) ivoiriennes, Mme Patricia Zoundi Yao incarne à la fois la rigueur stratégique et la passion du terrain. Engagée de longue date pour la promotion de l’entrepreneuriat en Côte d’Ivoire, elle a accordé au pôle rédaction de « SAIGLOIN-AFRICA », une grande interview exclusive où elle revient sur son parcours inspirant, les actions phares de son organisation et sa vision pour l’avenir des PME ivoiriennes. « Une PME bien accompagnée peut devenir un moteur économique puissant pour tout un pays », affirme-t-elle avec conviction.

 

Vous êtes juriste de formation. Pourquoi n’avoir pas embrassé la carrière juridique ?

J’avoue que je suis peut-être allée étudier le droit comme cela, parce que moi, mon rêve quand j’étais jeune, c’était de devenir religieuse. Lorsqu’on me demandait : « qu’est-ce tu veux faire plus tard ? », je répondais toujours que je veux être religieuse. Parce que je fréquentais des religieuses de mon école. J’ai fait une école catholique des Sœurs à Soubré et j’étais très proche de ces religieuses-là. Donc j’admirais leur travail, parce que je voyais qu’elles soignaient les gens à la clinique. Elles avaient un dispensaire où elles donnaient des soins à toutes les personnes.

Et donc j’étais très proche de deux religieuses qu’on appelait Sœur Marthe et Sœur Marie Yvonne. J’étais proche de ces deux religieuses et les suivais partout. Avec elles, j’ai fait le service des prisons parce qu’elles partaient dans les prisons pour rendre visite aux prisonniers. Et c’est comme cela que je me suis dit, j’aime bien ce qu’elles font et donc je vais être une religieuse.

Quand je suis arrivée en classe de Terminale, j’ai commencé à me poser les bonnes questions. J’avoue que finalement je voulais aller à l’Institut National Polytechnique (INP). J’étais un peu tentée par l’INP mais j’avais fait un baccalauréat littéraire.

Pour entrer à l’école d’agronomie, il fallait avoir obtenu un baccalauréat scientifique. J’ai essayé quand même le concours de l’Ecole Supérieure de Commerce et des Affaires (ESCA), cela n’a pas marché. Et puis finalement j’ai un grand frère, un ami, qui m’a demandé d’essayer le droit, parce cela ouvre des portes.

C’est ainsi que je me suis inscrite à la faculté de droit et j’avoue que je n’ai pas regretté parce que je pense que le droit est une filière qui offre plusieurs opportunités.

Sauf que quand j’ai fini, je savais que je voulais tout faire sauf porter la toge, la robe noire d’avocat. J’ai essayé de voir si je pouvais m’orienter en Diplôme de Spécialisation Supérieure (DSS) de droit bancaire. Je voulais aller à Dakar, à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD).

Et après, il y a quelque chose qui m’est revenu parce que j’étais avec ma mère qui était commerçante. Pendant l’année scolaire, ma mère venait vendre dans mon école, et donc à l’heure de la récréation, je l’aidais à vendre. Pendant les vacances, je faisais du commerce avec ma mère. Je l’accompagnais vendre dans les villages de Soubré dont Yabahio, Okrouhio, Méagui etc. (c’étaient des villages à l’époque).

J’ai commencé à aimer le commerce parce que je gagnais de l’argent. Après la vente, ma mère me donnait des commissions. J’ai aimé ce contact d’échanges, j’ai aimé vendre.

 

N’est-ce pas de là qu’est venu le goût de l’entrepreunariat ?

Je pense. Mais sauf qu’à l’époque, l’entrepreneuriat, cela ne voulait rien dire. On pensait que les entrepreneurs étaient des commerçants. On faisait allusion aux gens qui s’occupaient des chantiers de construction.

Comme j’étais très brillante, je ne savais pas comment dire à mon père, surtout qu’il avait investi beaucoup d’argent dans ma formation, que je voulais être commerçante, alors que pour lui, je devais poursuivre une carrière le droit. Notre aîné devait être médecin, le second un agronome. Moi je voulais vendre. Quand je dis vendre, c’est vraiment vendre dans les villages. Mais comment le convaincre ? C’était un peu difficile.

 

Comment êtes-vous parvenue à le convaincre ?

Je pense que c’est peut-être par mon sérieux. J’étais tellement sérieuse qu’il voyait que j’y mettais du cœur. Et puis, il voyait que je faisais des efforts, je gagnais un peu d’argent. Mais pour lui, c’était toujours quelque chose de précaire, parce qu’un emploi dans une administration ou une entreprise, c’est beaucoup plus sécurisé. Mais je pense qu’il n’avait pas aussi tort parce qu’à l’époque la carrière d’entrepreneur n’était pas stable.

Finalement, au fil du temps, il a vu que j’étais passionnée, que j’étais sérieuse dans ce que je faisais. Il a fini par me donner sa bénédiction. Je pense qu’avant de décider, il était très fier de moi. Je me rappelle, quand j’ai obtenu le prix national d’excellence de jeune entrepreneur et que je lui ai annoncé la nouvelle, j’avoue que j’ai vu sur le visage de mon père quelque chose qui se dégageait que je n’avais jamais vu.

Avant tout cela, j’ai vendu les livres par terre, j’ai géré les cabines de petit commerce. Quand j’étais à la faculté de droit, j’étais commerçante sur le campus. J’ai fait un peu de tout. En tout cas dans la vie, je n’ai pas connu la galère, puisque j’avais toujours un peu d’argent.

   

Patricia Zoundi Yao, présidente en exercice du MPME : engagement et détermination au service des petites et moyennes entreprises de Côte d’Ivoire.

 

Vous voilà maintenant présidente du MPME-CI. Quelles ont été les principales étapes qui vous ont menée à ce poste ?

J’ai connu l’association un peu vers 2009, mais c’était une période de crise en leur sein parce que c’était tendu entre les différents dirigeants qui étaient là.

Je me suis dit que si je suis entrepreneure, il faut quand même que je me rapproche d’une association où on peut m’aider. C’est comme cela que je suis arrivée là. Et puis après je suis devenue membre et j’ai commencé à être beaucoup plus active.

Après, j’ai occupé le poste de présidente de commission. J’étais vraiment très active. Je participais à toutes les réunions, à toutes les formations. Et puis en 2018, j’ai été nommée vice-présidente du MPME. Mais j’avoue que j’ai véritablement pris la décision de passer le cap suite à un constat.

 

Lequel ?

Quand j’ai suivi le programme de l’université de Standford, à Accra, j’ai vu qu’il y avait beaucoup d’opportunités pour accompagner les entrepreneurs. Sauf que ces entités ne peuvent pas venir directement accompagner les PME. Elles ont besoin de passer par des organisations qui sont en association. Un peu comme une faîtière. Et je voyais que dans les pays de l’Afrique de l’Est, beaucoup de fonds étaient injectés pour le renforcement des capacités.

Et quand je regardais ce qui se faisait chez nous ici, je trouvais que ce n’était pas suffisant. Après j’ai constaté qu’il y avait des problèmes de gouvernance au-dessus de tout cela.

Et puis, j’avoue que certains membres m’ont poussée, notamment mon vice-président actuel, qui me disait qu’il faut que je prenne des rênes du Mouvement. Je lui ai dit que cela ne m’intéresse pas, parce que j’ai beaucoup à faire. Il était persuadé qu’avec mon carnet d’adresses je pouvais diriger le MPME. C’est alors que je me suis dit pourquoi pas ?

 

Qu’est-ce qui a été le déclic pour que vous acceptiez finalement ?

Après lui, il y en a un autre qui m’a encouragée à me décider. Finalement je me suis dit que vu que j’ai toujours été chanceuse dans ma vie, vu que j’ai bénéficié d’un programme, j’ai des réseaux, pour l’évolution personnelle de mon entreprise, j’ai les contacts qu’il faut, pourquoi il faut s’enfermer sur soi-même.

Je me suis donc dit que si je peux apporter quelque chose à l’édification du Mouvement, je dois accepter de me lancer. Surtout qu’il y avait un langage que je n’aimais pas. Chaque fois que j’entendais parler des PME, on les présentait comme des bandits, on disait qu’elles ne sont pas sérieuses, qu’elles ne sont pas structurées, qu’elles ne payent pas ce qu’elles doivent.

Pourtant, je vois des hommes et des femmes, responsables des PME qui, tous les matins, se lèvent avec tous les défis, pour essayer de faire battre le poumon de l’économie, pierre par pierre. Je me suis donc dit qu’il y a certainement un dialogue de sourds.  Parce qu’il y a, d’une part, la réalité de ces hommes et ces femmes qui, tous les matins, se lèvent pour aller travailler, essayer de réaliser un chiffre d’affaires à la fin du mois, payer les charges, payer les impôts parce que l’entrepreunariat n’est pas un monde tranquille et d’autre part, des personnes qui ont une idée un peu erronée en pensant que ces hommes et ces femmes n’ont rien à faire.

C’est alors que je me suis dit qu’il faut qu’on essaie de redorer cette image-là. C’était cela qui m’intéressait. Comment redorer le blason des PME, corriger la perception erronée que certains ont des PME.

Bien sûr, je ne dis pas qu’il n’y a pas de problème. Il y a des problèmes partout. Mais il faut valoriser ce qui est valorisable. Donc je me suis dit, on prend les rênes, on va essayer de faire ce qu’on peut faire, on va essayer de faire bouger les choses.

Surtout quand j’ai lu l’histoire du MPME, j’ai vu que l’association avait 2000 membres, je crois dans les années 1999-2000. C’était une belle association qui avait un patrimoine immobilier, une association qui comptait, qui organisait ses cérémonies à l’Hôtel Ivoire. Et puis après j’ai vu une association qui a régressé de 2000 à 41 membres.

Je me suis dit plutôt que de critiquer, pourquoi ne pas essayer, nous-mêmes, de faire ce qu’on doit faire. J’ai alors décidé de ne plus rester dans la passivité. J’ai donc décidé de prendre la tête du Mouvement pour apporter le changement qu’il faut.

 

En dehors des définitions académiques, pour vous, c’est quoi l’entrepreneuriat ?

Il y a une définition que j’aime bien, c’est celle que j’ai découverte à Stanford. A Stanford, on dit un entrepreneur ou en entrepreneuriat, c’est celui qui cherche à résoudre un problème de société en mettant en place un bien ou un service ou un produit. Mais ce produit-là, vu que cela répond à un besoin de quelqu’un, cette personne sera prête à mettre la main à la poche pour pouvoir l’acheter. Et quand cette personne l’achète, bien sûr, il y a de l’argent qui va entrer et cet argent-là, il faut savoir comment le redistribuer.

Donc c’est de la richesse, ça va créer de la richesse. Cette richesse, il faut savoir la partager. Bien sûr, l’entrepreneur lui-même il va accaparer, une partie, mais c’est de pouvoir aussi distribuer cette richesse-là avec tous : les salariés qui sont avec lui, ses collaborateurs, la communauté, l’État, ainsi de suite.

Pour moi, il faut d’abord qu’il y ait cette envie de résoudre un problème et qu’il y ait derrière cette envie-là un service, un bien ou un produit. Mais on ne s’arrête pas là parce qu’on n’est pas une ONG.

En somme, il faut qu’il y ait un modèle économique qui corresponde aux besoins de la vie de quelqu’un qui, quand il voit le service ou le produit, est amené à mettre la main à la poche. C’est tout cela qui va créer de la richesse. C’est cette richesse qui va être partagée entre toutes les parties.

 

Quelle définition donnez-vous de la PME ?

Pour moi, c’est le principal moteur de l’économie. P (pour principal), M (pour moteur) E (pour économie). Donc pour moi, PME signifie Principal Moteur de l’Economie. Et quand on regarde notre tissu économique et quand on voit qu’il y a 98% des PME qui font tourner l’économie ivoirienne, pour moi, c’est le principal moteur de l’économie.

 

Quelles sont les valeurs qui vous guident dans votre engagement pour les PME en Côte d’Ivoire ?

D’abord, j’ai envie de dire qu’il y a de la passion. J’aime ce que je fais. Je ne mène pas tous les combats, je mène des combats qui me passionnent, si bien que quand c’est difficile, il y a de la passion dans tout ce que fait parce que j’aime ce que je fais, j’aime les PME, j’aime mes membres, j’aime l’humain. Il y a de l’amour de l’humain en fait.

Après, il y a tout ce qui est pour moi intégrité et c’est vraiment une des grosses valeurs que mes parents m’ont transmises : l’intégrité. Après, il y a l’amour du travail. Mon père dit toujours qu’il n’y a pas de secret : « Si tu travailles, tu auras des résultats. Tu ne travailles pas, tu n’auras pas de résultats ». Pour moi, il y a la passion, l’intégrité et l’amour du travail, le travail bien fait, surtout c’est cela qui me guide au quotidien.

 

Vous avez certainement connu des défis en tant que femme-entrepreneur.

Oui bien sûr ! Les défis, j’en ai connus plusieurs parce que quand vous passez d’un commerce informel comme celui que je faisais avec ma mère, à une entreprise formelle sans vraiment être accompagnée, c’est compliqué. La transition n’est pas évidente.

Je me rappelle que, bien que j’ai fait des études de droit, je me suis retrouvée un jour avec des documents des impôts à payer. Moi je fais mon travail, je vendais quelques petites choses. Deuxièmement, à l’époque où je vendais, il n’y avait pas beaucoup de formations, de sensibilisation sur l’entrepreneuriat. J’avoue que ma vraie formation en entrepreunariat est arrivée en 2014 avec le programme dont je vous ai parlé plus haut. C’est vrai que je faisais les choses comme cela, mais j’ai compris en fait la démarche. La formation m’a appris à structurer ce que je faisais de manière assez petite, ce n’était pas structuré.

Quand tu découvres ce que c’est, tu apprends maintenant à structurer ton business. Le plus gros défi a été vraiment ce défi-là : du passage de la partie informelle à la partie formelle sans être accompagnée. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’accompagnements partout.

Après il y a beaucoup de défis, mais ce sont des défis courants d’une entreprise. Le financement un peu moins maintenant que construire son équipe, le leadership, gérer une équipe. Quand j’étais dans l’informel, ce n’était pas la même chose. Avec la formation, j’essaie plus ou moins de contrebalancer ce poids-là.

 

Comment votre formation de juriste vous aide dans le travail que vous faites aujourd’hui ?

Ah, cela m’aide beaucoup ! Parce que de toutes les manières, cela m’aide à tous les niveaux. J’ai eu un cours quand j’étais à la faculté de droit, qu’on appelle économie politique. Pour moi le droit se limitait aux articles qu’il fallait apprendre par cœur. Mais j’ai connu ce cours, c’était une curiosité pour moi.

C’était une formation assez complète qui me permet aujourd’hui de comprendre l’environnement des affaires en tant qu’entrepreneur. Parce que quand tu finis, tu dois savoir quels sont les facteurs économiques et politiques que tu dois prendre en compte dans ton environnement. Cela m’aide vraiment.

Dans le cadre du MPME, cela m’a aidé à comprendre le cadre règlementaire du Mouvement. Dans l’économie politique, on a connu la fiscalité qui te permet de comprendre le monde des impôts en tant qu’entrepreneur. Cela te permet d’optimiser l’attitude de la fiscalité. Pour moi, c’est vraiment une formation qui a été assez complète.

Après j’ai fait le droit des affaires, un droit beaucoup plus proche des affaires. C’est vrai que je ne suis plus aujourd’hui spécialiste du droit. Mais au moins je suis en mesure de pouvoir challenger, parler, avec toutes les parties prenantes, que ce soit les juristes, mon conseil juridique, que ce soit mon conseil fiscal.

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes entrepreneurs ivoiriens et en particulier aux femmes ?

Ah ! Je pense que d’abord, il faut savoir choisir. Il ne faut pas venir en entrepreunariat par un effet de mode, parce que ce n’est pas un monde de tranquillité. Il y a des moments où vous avez envie de jouer, vous avez envie de chanter, vous êtes content. Il y a un moment où vous vous demandez : « qui m’a envoyé ici ? » Et vous vous demandez de savoir est-ce que vous avez fait le bon choix ?

Je suis passé par cette période, mais je me posais les bonnes questions. Je me disais mais est-ce que finalement ce que mon père avait dit n’était pas le meilleur choix ? Est-ce qu’il fallait que je parte travailler pour être salarié ? Ce sont des périodes où vous vous posez toutes ces questions.

Ensuite, un aspect qu’il ne faut jamais négliger, c’est la formation. Parce qu’on a l’impression qu’on peut venir à l’entrepreneuriat comme cela. C’est ce que j’ai pensé, mais je ne crois pas que ce soit le cas. On se forme comme un médecin. Parce qu’on ne va pas commencer à travailler sur le corps humain et découper les gens, les opérer comme cela. Je veux dire que le fait de vous former quotidiennement sur ce métier-là, va vous permettre d’être plus performant. Et puis après vous respirez mieux.

Aujourd’hui, je respire mieux parce que j’ai compris qu’avec ces formations-là il fallait s’entourer d’une équipe. Mais quand vous êtes seul, vous portez tout un poids, c’est difficile. Mais quand vous savez vous entourer, que vous avez une équipe qui comprend la vision, qui sait où on va, ce fardeau-là vous le subdivisez et chacun prend une partie et finalement, c’est moins lourd à porter pour vous seul.

 

Le  visuel du MPME,  une organisation de référence.

 

Pouvez-vous nous présenter le Mouvement des PME de Côte d’Ivoire et ses missions principales?

Le MPME est une très belle association qui a été créée en 1980 par 7 entrepreneurs, dont Daniel Bréchat. Cepndant, l’idée a germé en 1976 avec un Français qui s’appelle Michel Pava  qui a pensé à mettre en place une association. Mais c’est en 1980, que 7 personnes vont mettre en place le MPME avec Daniel Bréchat qui est le président fondateur du MPME.

À ce jour, cela fait 45 ans d’existence. On a pu l’honorer les 2 et 3 juillet 2025 comme je l’espérais. Cela a été l’occasion pour nous de revenir sur la vie de l’association et ce qu’il a fait. Donc ils ont commencé, ils étaient sept mais ils voulaient, en se regroupant, selon les archives que j’ai lues, avoir accès à l’assurance, se mettre ensemble pour juste régler les polices d’assurance.

Ils avaient même porté des projets très importants à l’époque qui étaient des projets de cautionnement. Ils avaient mis en place un fonds qui permettait à aux PME membres d’avoir accès à des crédits sans forcément déposer la garantie bancaire. Le fonds de cautionnement qu’ils avaient mis en place jouait ce rôle. Ils avaient créé une certaine mutualisation pour pouvoir bénéficier des primes plus intéressantes. C’est-à-dire qu’ils se mettaient tous ensemble pour aller chez le même assureur.

Et puis très vite, il y a eu un engouement. De 7, ils sont passés à 50 puis à 500. Le petit groupe est devenu une mutuelle de prévoyance et c’est véritablement en 1990 qu’il a pris le nom de mouvement. C’était ce mouvement qui a compté jusqu’à 2000 membres et c’était un peu comme un syndicat, pour la défense des intérêts des PME et pour voir comment les accompagner.

Du coup, cela permettait de faire des achats groupés. C’était un vrai réseau de travail les uns avec les autres. Chacun était client chez l’autre. Et ils étaient vraiment un interlocuteur principal au niveau de l’État pour tout ce qui était question des PME.

Ils avaient même créé un magazine. Un magazine dont j’ai découvert une page dans les archives où ils donnaient leurs points de vue, les orientations sur les grands sujets qui concernaient l’environnement économique. Le gouvernement les consultait constamment. 

Après Daniel Bréchat, il y a eu Nicolas qui a été également président et Madame Lawson. Après il y a eu Monsieur Amichia Joseph et je suis arrivée comme 7ème président du MPME.

 

La présidente du MPME en compagnie de Souleymane DIARRASSOUBA Ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME.

 

Quelles sont les principales actions menées par le MPME-CI pour soutenir les PME ivoiriennes ?

Nous avons voulu évoluer suivant quatre axes. Le premier axe, c’est tout ce qui est gouvernance. Il s’agit de travailler sur la gouvernance de l’organisation et de nos PME. Quand nous sommes arrivés, nous avons entrepris plusieurs chantiers, qui sont passés par le toilettage de nos textes pour qu’ils soient beaucoup plus en phase avec les normes internationales, les standards internationaux. C’est ce qu’on a fait.

Le deuxième axe, c’est tout ce qui est renforcement de compétitivité et de capacité de nos membres. C’est pour cela que nous faisons beaucoup de formations. Chaque jeudi, des formations sont dispensées à l’endroit de nos membres et de leurs équipes. Cela vise à les aider à monter en capacité et aussi en compétitivité.

Parce qu’aujourd’hui, on est dans un village planétaire et avec les barrières douanières qui vont être levées avec le marché commun qui se pointe à l’horizon, cela constitue, en même temps, une opportunité mais aussi un danger. Une opportunité quand vous êtes préparés, un danger quand vous ne l’êtes pas.

Cela veut dire qu’une PME va quitter la Tanzanie, elle va venir vendre sur le marché ivoirien, le consommateur va regarder le produit qui est le plus avantageux pour lui en termes de qualité, de coût. En Afrique de l’Est, les pays ont déjà un niveau d’industrialisation assez poussé au niveau des PME, ce qui n’est pas encore notre cas.

Donc l’idée pour nous, c’est de monter en compétitivité. De sorte que lorsque ce marché s’ouvre, il est même déjà en train de s’ouvrir, nous puissions non seulement dominer notre marché et ensuite aller en conquérir à l’international.

C’est pour cela qu’on fait beaucoup de mise en relation pour nos membres et qu’on effectue beaucoup de voyages. On avait déjà voyagé plusieurs fois en Chine, d’autres voyages se préparent pour voir comment nos PME peuvent entrer en concurrence avec d’autres à l’international. Il s’agit de chercher à acquérir la technologie pour pouvoir être compétitives sur les marchés.

Nous sommes également actifs dans tout ce qui est « contenu local ». On regarde pour mieux préparer nos PME. C’est-à-dire que quand il y a un secteur qui bouge comme, par exemple, le secteur du pétrole, de l’énergie, on essaie de donner des informations à nos PME, pour qu’elles se préparent pour pouvoir capter les opportunités qui se préparent, en tenir compte et prendre un avantage sur la loi sur le contenu local.

 

C’est donc dans ce cadre-là que vous avez initié les Masters class ?

Oui c’est vraiment cela, c’est la formation, on va dans tous les sens. On a même une Master class sur la santé mentale du dirigeant d’entreprise. Je me rappelle que quand je parlais de ce thème, il y a quelqu’un qui a pensé que cela ne concernait que les fous. Pourtant, dirigeant d’entreprise, c’est une charge émotionnelle ! Lorsqu’on parle de redressement fiscal à un dirigeant de PME, il peut être scandalisé. Tout le monde n’est pas prêt de la même manière pour recevoir un tel choc. D’où l’importance de ce thème.

 

Vous parliez de vos axes de travail…

Oui. Le troisième axe, concerne tout ce qui est plaidoyer, tout ce qui se rapporte à l’environnement des affaires. Nous sommes très actifs dans le lobbying, dans les plaidoyers, de sorte qu’on a un environnement des affaires beaucoup plus favorable aux PME. Vous allez voir que quand on arrive vers le milieu de l’année, on commence à faire des études par rapport à l’annexe fiscale. On se fait accompagner par des consultants qui essaient, quand même, de prendre le pool des PME sur ce qu’elles pensent de la fiscalité. Ils font des propositions.

Et le dernier axe, c’est ce qu’on a appelé le développement personnel des dirigeants d’entreprises. J’avoue qu’on ne l’a pas encore bien développé, mais cet axe me tient à cœur parce que je veux voir des dirigeants d’entreprises heureux.

Tout ce qu’on fait, c’est pour être heureux après. On a des dirigeants de PME qui sont stressés. Plutôt que ce soit une source de joie, de plaisir pour eux, cela devient une source de stress. On a commencé un projet qui n’est pas encore bien avancé …

 

Quel est votre rêve ?

Mon rêve, c’est quand je quitte l’association, et qu’un dirigeant de PME me voit et qu’il puisse me dire : « présidente, j’étais membre quand vous étiez là et grâce au programme qu’on avait en place, j’ai pu avoir une maison. J’ai pu avoir un terrain ». C’est pourquoi on a commencé avec un programme immobilier. Pour voir comment des dirigeants de PME peuvent s’offrir une maison, un terrain.  

 

Ceux qui en ont déjà peuvent  enrichir leur patrimoine. Parce qu’à la fin, à l’heure de la retraite, il faut bien dormir quelque part.

 

Quels sont les principaux défis auxquels font face les PME en Côte d’Ivoire aujourd’hui ?

Le principal défi, pour moi, c’est d’arriver, d’abord, à l’autonomie financière de l’association. Parce que quand nous sommes arrivés, il n’y avait seulement que les cotisations comme seuls moyens de faire entrer de l’argent dans les caisses du Mouvement. On a donc essayé de transformer le modèle économique, pour pouvoir diversifier les sources de revenus. On a donc quelques sources de revenus qui nous viennent des ristournes au niveau des assurances, on a des actions de Master class, on a pu réhabiliter une salle, donc on fait aussi de la location.

L’objectif pour moi, en termes de défi, c’est vraiment, pouvoir arriver à l’autonomie financière de l’association sans forcément attendre les cotisations. Mais je remercie les membres, il faut les féliciter parce que pour une association, en général, les niveaux de cotisations sont autour de 20% quand on fait la moyenne. Je pense que nous sommes même au-delà de 70%, et qu’on n’est pas loin de 80%. Cela veut dire que les membres participent à la vie de l’association.

Parce que la cotisation n’est pas obligatoire. On ne va pas fermer ton entreprise parce que tu n’as pas cotisé. Il y a un choix à faire entre payer sa cotisation et faire autre chose. S’il décide de payer sa cotisation, c’est qu’il y croit.

Le deuxième défi, c’est que je n’ai pas encore suffisamment de ressources financières pour pouvoir accompagner le développement des PME. C’est pourquoi je remercie les partenaires qui nous ont fait confiance. Je pense à la GIZ (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit – agence allemande de développement). La Banque mondiale vient avec son programme de petites cases qui nous a accompagnés. La Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) via la Taxe spéciale d’équipement (TSE) qui nous permet de financer. Les besoins sont énormes et c’est vraiment le principal défi.

Les PME, ce n’est pas seulement à Abidjan. C’est pourquoi il faut qu’on puisse s’étendre à l’intérieur du pays. C’est un autre défi aussi. Comment est-ce qu’on arrive à toucher la PME qui est à Guibéroua, à Tabou, à Néka, à Niakaramadougou. Comment étendre l’ancrage sur le territoire national ? Ce sont tous ces défis-là qui nous attendent.

 

Vos membres ne se limitent donc pas qu’à Abidjan et vous en revendiquez combien à ce jour ?

La grande partie se trouve à Abidjan. On était 41 membres lorsque je suis arrivée à la tête du Mouvement. Aujourd’hui on est 525 membres. En 3 ans, je pense qu’on a fait progresser le nombre des entreprises membres peut-être de plus de 400%. Mais quand on regarde le nombre de PME qu’on a en Côte d’Ivoire, je pense que c’est encore très faible.

 

Comment votre organisation accompagne-t-elle les entreprises ?

Nous faisons beaucoup plus du recensement des capacités, de la mise en relation. Et puis nous avons les programmes, comme actuellement. Par exemple, quand on voit qu’il y a un domaine qui monte en puissance, on crée un groupe de travail pour nous donner des conclusions, pour qu’il nous fasse des recommandations, sur comment orienter nos membres, quelles informations donner à nos PME, pour que ce secteur qui est en train de se dynamiser, elles puissent s’y impliquer, s’y investir.

Et comme c’est un secteur qui est nouveau, et quand c’est nouveau, souvent l’expertise locale, même si vous la créez, vous n’avez pas forcément l’expertise nécessaire, on leur donne des idées de comment elles peuvent faire des joint-ventures avec d’autres PME dans d’autres pays qui sont les pionnières dans ce secteur, pour pouvoir disposer d’un avantage concurrentiel et avancer rapidement.

Donc ce que j’encourage, c’est vraiment d’être en synergie. Je demande aux PME de ne pas vivre repliées sur elles-mêmes, de ne pas s’isoler et tout juste chercher son petit gâteau. Il faut s’ouvrir parce que les joint-ventures cela peut faire peur, mais entre partager 10% d’un gros gâteau et 100% d’un petit gâteau, qu’est-ce qu’on choisit?

 

La présidente Patricia Zoundi Yao a réussi le pari de l’organisation des 45 ans d’existence du MPME.

 

On va de deux manières. On peut monter un programme, nous-mêmes, et puis on va à la recherche du bailleur de fonds. Donc en fonction du programme, on va regarder les centres d’intérêt. Quel est le bailleur de fonds qui a un centre d’intérêt commun avec ce qu’on fait ? Et on fait des appels à projets chaque trimestre, qu’on soumet. Cela peut aller dans tous les sens.

Actuellement, nous travaillons sur un projet, un programme de notation financière avec le Groupe Investment. C’est un projet qui me tient particulièrement à cœur parce que la notation financière ce n’est pas seulement pour les pays, ce n’est pas seulement pour les grandes entreprises. Même les PME peuvent se faire noter.

Nous en sommes encore à la recherche de financement parce que c’est un programme d’accompagnement sur trois ans et j’espère vivement pouvoir le réaliser et voir des PME entrer sur le marché de la bourse pour lever des fonds au niveau de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM).

On a déjà fait plusieurs ateliers avec la BRVM, qui est vraiment assez ouverte, qui attend les PME et les PME n’y arrivent pas. On espère que l’accompagnement qu’on va mettre en œuvre avec le Groupe Investement va permettre de diligenter un grand nombre de PME sur le marché boursier.

 

Comment travaillez-vous avec les institutions publiques et privées pour appuyer les PME ?

Nous entretenons de bonnes relations avec notre ministère de tutelle, qui est le ministère du Commerce et de l’Industrie. Nous sommes aussi membres du patronat ivoirien. Dans ce sens, nos plaidoyers sont aussi orientés vers le patronat qui porte pour les autres. Nous sommes aussi membres fondateurs de la Fédération ivoirienne des PME, la FIPME.

En général on essaie de mener les plaidoyers en groupe pour que cela donne plus de poids. Parce que quand il s’agit de plaidoyer et que cela touche, par exemple,  une loi ou une disposition réglémentaire, légale, il est beaucoup plus recommandé d’aller en groupe.

Pour ce qui est de l’État, il n’y a pas de soucis.

S’agissant du partronnat, nos relations sont vraiment au beau fixe. On a même reçu récemment la visite du président de la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), M. Ahmed Cissé. Il est venu nous rendre visite. Cela a été, vraiment, pour nous, un signe fort de ce que le patronat accorde une importance à notre association de Petites et Moyennes Entreprises.

Pareil avec les autres faîtières qui sont sur place. Souvent les gens me disent qu’il y a beaucoup de faîtières et que cela donne l’impression qu’il y a de la compétition. Je dis qu’il n’y a pas de compétition, il y a plus de la complémentarité.

Les grandes entreprises, nous avons pour ambition d’aller vers elles parce que pour moi, il n’y a pas de concurrence entre les petites et les grandes entreprises. Il y a une complémentarité. Une grande entreprise a forcément besoin d’un maillon de PME qui va l’aider. Une entreprise qui fait de la production a besoin d’une PME qui va lui envoyer sa matière première. Donc aujourd’hui, ce que je cherche à faire grandir, c’est vraiment cette bonne synergie entre les petites et les grandes entreprises pour qu’elles puissent être dans cette chaîne d’accompagnement.

 

De façon pratique, comment la CGECI vous soutient-elle ?

D’abord, elle nous soutient fortement. J’ai parlé tout à l’heure de la taxe spéciale, la TSE qui qui alimente une bonne partie des formations. Donc c’est la CGECI qui gère cette taxe-là. C’est là que nous soumettons nos projets. Il y un comité qui siège. Et quand tout est validé, on a les ressources pour faire l’approbation.

Deuxièmement, je suis, moi-même, membre du conseil d’administration de la CGECI. Je porte donc la voie des PME au sein du conseil d’administration. Lorsqu’il y a des préoccupations, je les transmets à la CGECI. On a des réunions pratiquement chaque trimestre. Quand il y a un problème et qu’on n’arrive pas à le régler parce qu’il est peut-être plus gros que nous, on le porte au niveau de la CGFCI.

Comme je l’ai dit, récemment, le président était dans nos locaux. Dans toutes les commissions de la CGECI, il y a 11 commissions, on a au moins deux membres du MPME qui prennent part à la vie de ces commissions. Je peux donc dire que les relations sont bonnes et que la CGECI nous aide énormément.

 

Quelles sont les ambitions du MPME pour les années à venir ?

Déjà, moi je voulais bien réussir la célébration de notre 45ème anniversaire. C’est important pour moi. Cela va être le pont générationnel, parce que, malheureusement, on a perdu un peu la mémoire, que nous n’avons pas constituée.

Aujourd’hui, un membre qui vient, il n’y a pas une mémoire à consulter pour savoir qui était untel. Qu’est-ce qu’il a fait ? Pour moi le plus gros chantier, c’est de reconstruire cette histoire-là ? Comme quelqu’un le disait, « un peuple qui n’a pas d’histoire, il ne sait pas où il va. »

Donc pour moi, il  était vraiment important de réussir cela, de pouvoir rassembler, par la grâce de Dieu, tous les anciens présidents du MPME, depuis les années 80 jusqu’à aujourd’hui. Pour qu’ensemble, on puisse réconstituer l’histoire du MPME. J’ai reçu quelques éléments d’archives des anciens, j’ai commencé à collecter tout ce qui est données pour pouvoir recréer une bibliothèque sur  l’histoire du MPME.

Après cela, nous avons tenu les assises des PME. L’anniversaire a certes eu une partie festive bien sûr, mais les assises, c’est pour pouvoir se poser les bonnes questions. Et c’est nous les PME qui posons les questions, ce ne sont pas les autres qui vont les poser pour nous. Qu’est-ce qui a été fait? Comment est-ce qu’on apprécie ce qui a été fait ? Comment on avance et qu’est-ce qu’on propose ? La différence c’est que ce n’est pas quelqu’un qui est venu faire la critique à notre place, c’est nous-mêmes qui l’avons faite.

Et cela a été l’occasion aussi de se célébrer hein ! Parce que; très souvent, on se torture tellement, on s’autoflagèle si bien qu’on veut voir un succès à la Bill Gates avant de se célébrer, c’était le premier chantier.

Le deuxième chantier, c’est vraiment d’arriver à l’autonomie entière de l’association. Aujourd’hui, il faut qu’on arrive à s’équilibrer, mais on souhaite vraiment arriver à une autonomie de l’association, de sorte qu’elle ne soit pas dépendante et qu’elle puisse avoir les moyens de se construire.

Le troisième objectif est relatif à l’accroissement du nombre d’adhérents. L’association avait 2000 membres en 1999. Quand j’arrivais,  comme déjà indiqué, elle n’en comptait plus que 41. Si lorsque je pars, je peux remettre le compteur à 2000, j’aurais fait ma part.  Je pense pouvoir y arriver grâce à Dieu et après d’autres viendront faire leur part.

L’entrée du siège du MPME.

 

Y a-t-il des projets récents qui font aujourd’hui votre fierté ?

Oui ! Oui ! Oui ! Premièrement, par exemple, dans ce bâtiment où nous sommes (le siège du MPME) : il était en ruine. J’ai hérité d’un siège où il n’y avait pas de bureau, il n’y avait pas de chaises, il n’y avait pas d’ordinateur. Le fait de pouvoir arriver à le réhabiliter, c’est pour moi quelque chose dont je suis fière avec notre conseil exécutif.

Deuxièmement, c’est qu’on n’avait pas de moyens de formation. On squattait les locaux d’une école pour pouvoir faire les formations. Pour cela, on faisait des formations tous les deux mois. Parce qu’il fallait attendre que la salle soit libre.

Aujourd’hui, avec la réhabilitation du siège, on est passé d’une formation chaque deux mois, à une formation chaque semaine. On fait donc quatre formations dans le mois. Aujourd’hui, on est à 4080 participations. Nous disposons, désormais, d’une salle de formation dédiée.

La troisième chose dont je suis vraiment fière, c’est d’être parvenu à retravailler les textes du mouvement.  Nous avons procédé au toilettage des textes, pour les adapter aux normes internationales. Dès qu’on a pu faire cela, les bailleurs de fonds ont commencé à nous suivre. Cela veut dire qu’il y avait un préalable.

Il y a aussi les programmes qu’on a mis en place. On a jusqu’à six programmes de développement humain avec la GIZ, la Banque Mondiale… Pour moi c’est très important, c’est une grande satisfaction, une grande fierté de réussir à mettre en place, à  notre siège, une équipe qui travaille.

Parce que nous sommes tous des entrepreneurs, tous ceux qui sont au conseil et moi, nous sommes des entrepreneurs. On n’est pas tous les jours au MPME. On a réussi à mettre en place une équipe qui travaille pour les PME, je pense que c’est l’un des grands chantiers.

 

Avez-vous de bons rapports avec les banques nationales ?

Avec les banques, je dirais qu’on n’a pas vraiment de leviers comme cela. Par contre, on a quand même quelques structures qui nous accompagnent dans le financement de nos activités dont la microfinance FIN’Elle.

Tout ce qu’on peut faire, c’est d’accompagner nos PME et avoir des projets qui correspondent à leurs activités. Mais après, la discussion se passe entre les PME et la banque, cela devient une relation plus personnelle.

 

Comment voyez-vous l’évolution du secteur des PME en Côte d’Ivoire dans les prochaines années ?

En ce qui concerne le secteur des PME, je suis beaucoup optimiste. Je suis vraiment beaucoup optimiste et je n’ai même pas de raison de désespérer parce que ce sont ces PME-là qui font le poids de l’économie ivoirienne actuellement. Il n’y a même pas de crainte à avoir à ce niveau. Je suis très optimiste malgré les défis.

Une dame qui m’a demandé une fois « comment vont les PME en Côte d’Ivoire ? » Je lui ai répondu en prenant les termes d’un médecin. Je lui ai dit que les PME, c’est un patient, un malade. Mais quand il voit la mobilisation des partenaires autour de lui, il se dit alors qu’il ne va pas mourir et il gagne en espoir et en confiance. Je pense que les PME ont juste besoin d’être accompagnées.

Moi, j’ai fait l’espérience de l’accompagnement, je sais ce que cela m’a apporté. C’est pour cela que quand on donne un avis comme cela sur les PME, je dis qu’il est facile de critiquer. Il y a combien d’écoles, de commerces en Côte d’Ivoire ? Beaucoup sont venus en entrepreunariat sans savoir ce que c’est véritablement ! C’est pourquoi je suis plus pour l’accompagnement. C’est pourquoi on fait les masters class pour aiguiser l’appétit.

Donc plus d’accompagnements pour permettre à ces PME d’être performantes. On a fait l’accompagnement de 100 PME sur l’élaboration du budget. C’était un programme sur trois mois, parce qu’on ne peut pas le faire en une seule journée. Donc il faut que les PME soient accompagnées. Tant qu’on n’est pas accompagné, c’est un peu difficile,

 

Les entrepreneurs membres du MPME ont compris la nécessité de bien se former pour mieux faire face aux challenges qui se présentent à eux.

 

Quel rôle le digital et l’innovation jouent-ils dans le développement des PME aujourd’hui ?

Pour moi, c’est fondamental. On a commencé, il y a quelques semaines, avec l’Intelligence Artificielle (IA). On a même commencé un peu avant avec tout ce qui est BI. C’est important parce qu’aujourd’hui, cela permet d’aller vite. Une PME qui n’innove pas, c’est une PME qui va mourir. Ici encore ça va, mais quand on va dans des pays comme la Chine et l’Inde, la concurrence est tellement rude qu’une PME peut naître aujourd’hui et mourir demain. Les gens sont obligés de faire les choses différemment.

Le digital permet d’aller plus vite. Franchement, depuis que j’ai découvert comment utiliser l’IA pour mes activités, c’est fini. On a déjà fait une première activité et j’espère vivement pouvoir trouver les fonds pour accompagner au moins 100 PME sur la transformation digitale. En tout cas, on est conscient de l’importance de l’IA dans la vie de nos entreprises, mais on ne sait pas comment y aller.

L’association doit jouer un rôle important dans cette transformation digitale pour permettre aux PME d’avancer dans ce domaine. Ce rôle, c’est dire qu’on a un besoin et le MPME va aller chercher une partie du financement auprès des partenaires. Et puis la PME va apporter sa contribution.

 

Un appel aux autorités ivoiriennes, au peuple ivoiriens, aux bailleurs de fonds…

Je vais commencer par vous remercier. C’est la première fois qu’un organe de presse vient à nous. Très souvent c’est nous qui vous sollicitons. En tout cas merci pour cette initiative et merci pour cette opportunité que vous nous offrez pour parler du MPME.

A l’endroit des PME, je dirai qu’elles restent de véritables PME, de ne laisser personne leur donner une image contraire. Elles sont le principal moteur de l’économie de notre pays et que ce pays-là compte sur elles. C’est vrai que ce n’est pas évident, ce n’est pas facile, ce n’est pas un monde tranquille.

On dit souvent qu’un plus un égal à 2. Mais souvent en entrepreneuriat, un plus un peut faire 19 ou même 5. C’est dire qu’il n’y a rien qui est sûr. Ce n’est pas une formule mathématique où tout est certain. Il faut que les PME croient en elles et qu’elles aient confiance en elles-mêmes. C’est elles qui vont arriver à transformer notre pays.

Et comme le disait, Stanislas Zézé de Bloomfiel Investment Corporation, on ne peut pas ignorer 98% de notre tissu économique. Donc, forcément, quelque chose doit être fait pour elles.

Aux partenaires au développement, je voudrais demander beaucoup plus d’appuis en termes d’accompagnements. On a vu des PME qui ont été accompagnées et après on a vu comment elles ont terminé. Je veux donc dire qu’il faut investir dans l’accompagnement! Mais pas n’importe quel accompagnement. La différence est  qu’au MPME, ce sont nos besoins qu’on transforme en programme d’accompagnement. C’est pour cette raison que nos programmes marchent.

Très souvent, on fait des accompagnements sans tenir compte de véritables besoins des PME. C’est comme si on coud un vêtement pour quelqu’un sans lui demander quel genre de vêtement il veut. Souvent on ne cherche même pas à savoir s’il a besoin d’une chemise, d’un pantalon, d’une chaussure ou d’une casquette. Si vous venez me donner quelque chose qui ne correspond pas à mon besoin, il est tout à fait normal que cela ne marche pas ! Est-ce que c’était ce dont j’avais besoin ?

 

La présidente du MPME nourrit de grandes ambitions saines pour les membres de l’organisation qu’elle dirige.

 

Donc au MPME, l’avantage c’est que ce sont les besoins de nos PME qu’on transforme en programme de formation. C’est pourquoi lorsqu’on choisit un consultant pour nous accompagner, on le challenge parce que c’est sur nous qu’il va travailler.

Nous n’avons pas intérêt à faire du favoritisme ou à choisir quelqu’un, une personne qui ne va pas nous apporter quelque chose. Donc le choix du formateur est important pour nous.

C’est comme si on forme un médecin qui va nous opérer demain. C’est pourquoi il est important d’investir dans l’accompagnement avec les besoins des bénéficiaires. C’est-à-dire qu’on tienne compte de nos besoins et qu’on ait surtout notre mot à dire sur le programme qui va être mis en place. Parce qu’un mauvais accompagnement peut détruire une bonne PME. Mais un bon accompagnement peut redresser une PME même si elle est bancale.

Cela est vraiment important. Il ne faut pas hésiter à faire confiance au MPME, aux faîtières. Nous avons tout ce qu’il faut ici. 

On a tout ce qui est standard, on a tout ce qui est équipement pour pouvoir conduire un programme. Donc on peut même être organe d’exécution. C’est beaucoup plus simple pour nous parce qu’on va être plus exigeant avec ceux qui font la formation pour nous.

Au gouvernement, je veux dire que beaucoup a été fait certes. Mais beaucoup reste aussi à faire. Il faut déjà remercier le gouvernement pour toutes les réformes qui ont été mises en place, mais, au niveau des PME, on a encore besoin de son accompagnement, de son soutien.

Dieu merci, le cadre du dialogue existe. C’est ce qui est important parce que les défis vont toujours venir. Et comme un cadre de dialogue a été créé, cela nous permet de pouvoir toujours poser nos préoccupations. En tout cas, pour l’instant, depuis que je suis là, peut-être que j’ai la chance, je ne sais pas, mais je n’ai jamais porté un plaidoyer qui m’a été refusé. Même si je n’ai pas eu gain de cause à 100%, j’obtiens toujours quelque chose.

A tout le monde, je demande de soutenir les PME. Il peut y avoir des choses qui ne marchent pas bien. Si c’est le cas, il ne faut pas jeter la pierre, il faut essayer de toujours discuter et voir ce qu’on peut faire pour redresser les choses. Car, c’est ensemble qu’on peut aller loin. Soutenez les PME, donnez-leur, leur première chance.

Quand je suis arrivée, on devait faire une activité ici et puis on avait un besoin. Il y avait une PME qui venait de commencer. On lui a donné sa chance. C’était un peu difficile pour elle, il y avait beaucoup de pression, mais finalement ils ont pu faire le travail, avec un peu de retard mais ils ont réussi. Pour moi, c’était le plus important. Si on ne lui avait pas donné sa chance, il n’allait pas le faire. Je tiens à la préférence locale avec ce grand programme de champions nationaux, pour qu’on puisse véritablement avoir des PME performantes.

Les bailleurs, les investisseurs doivent croire en nous, parce que c’est au moins 45 ans d’existence quand même. Une structure qui existe durant 45 ans, c’est quand même un socle.

Deuxièmement, ils doivent croire en nous parce qu’on a vraiment des organes de gouvernance assez clairs et transparents. On a l’assemblée générale, on a le conseil d’administration, le conseil exécutif, donc je veux dire qu’on est vraiment assez transparent et on est assez ouvert.

On a une équipe qui est dévouée, qui peut conduire les politiques compétentes et qui est assez transparente parce qu’après on rend compte. Tous les fonds qu’on utilise, tout ce que les bailleurs donnent sont justifiés et les rapports suivent. Je veux dire qu’ils n’ont pas de raison de croire que le programme n’a pas été exécuté.

Troisièmement, ils doivent croire en nous parce qu’on a des membres, on a des PME qui sont là et ce sont de très bonnes PME. Pour ces trois raisons, ils doivent croire en nous.

 

Les sessions de formations au siège du MPME. Un élément clef de la stratégie de Mme Zoundi Yao.

 

Par quoi souhaitez-vous conclure cet entretien ?

Pour finir, je voulais juste remercier des personnes au niveau de l’équipe dont une dame qu’on appelle Miss Konan. Quand  je suis arrivée, c’était la seule salariée du MPME et elle était là quand même depuis 13 ans. Elle travaillait dans des conditions difficiles parce qu’au départ, ce n’était pas évident. Quand on recrutait le personnel, on ne savait même pas comment on allait pouvoir les payer parce qu’on a connu des périodes difficiles dans la transition suite aux élections.

Mais l’équipe y a cru, tant mieux que mal, et on est là. Je voudrais vraiment remercier mes collaboratrices, les salariés qui, au quotidien, nous accompagnent.

Je voudrais aussi remercier les partenaires : la GIZ, le groupe de la Banque mondiale, la CGECI et un partenaire canadien qu’on appelle Entraide Universitaire Mondiale du Canada (EUMC).

 

Entretien réalisé par le pôle rédaction de « Saigloin-Africa »

 

Vidéo avec la télévision ivoirienne

Le Mouvement des Petites et Moyennes Entreprises (MPME) de Côte d’Ivoire a  célébré, le 30 juin 2025, au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan, les 45 ans de son  existence depuis sa fondation en 1980. Mme Patricia Zoundi Yao, la présidente en exercice du MPME, a été invitée par la 1ère chaîne de la télévision ivoirienne, le 6 juillet 2025. En plus de notre interview exclusive avec elle, cet intéressant moment de télévision mérite d’être écouté avec attention.

 


Patricia Zoundi Yao : de la fintech à l’agriculture, le parcours inspirant d’une entrepreneure engagée

Avant de prendre la tête du Mouvement des Petites et Moyennes Entreprises de Côte d’Ivoire (MPME-CI), Patricia Zoundi Yao a tracé un parcours aussi audacieux qu’inspirant. Juriste de formation, entrepreneure par vocation, elle incarne aujourd’hui une nouvelle génération de femmes africaines qui façonnent l’économie du continent.

 

Tout commence sur les bancs de l’université de Ouagadougou, où elle obtient une maîtrise en droit à la faculté de droit et des sciences politiques. Mais très vite, Patricia Zoundi Yao choisit de sortir des sentiers battus. Elle fait ses premiers pas dans l’univers de la fintech en créant « Quick Cash », une entreprise dédiée à l’inclusion financière des populations non bancarisées. Un pari audacieux qu’elle relève avec brio avant de céder l’entreprise il y a près de quatre ans. «Aujourd’hui, je me consacre entièrement à l’agriculture», confie-t-elle. Un virage stratégique qu’elle assume pleinement, convaincue que ce secteur est l’un des piliers du développement économique de l’Afrique.

 

Toujours en quête de renforcement de compétences, Patricia Zoundi Yao enchaîne les formations prestigieuses. Elle intègre le programme Stanford CD de la Stanford Business School, un cursus d’élite conçu pour façonner les leaders économiques du continent africain. «Ce programme a été un tournant. Il m’a transformée, m’a aidée à repenser mon rôle et mes ambitions», explique-t-elle.

 

Et ce n’est pas tout. Elle décroche un certificat en médiation et dialogue social à l’Université Catholique de Paris, puis un autre du Centre international de l’OIT à Turin. À cela s’ajoutent des formations en leadership, notamment avec KJI et le programme Women Lead à Washington, sous l’égide de Plan International.

 

Dernier jalon en date : son diplôme de l’Institut Supérieur d’Instruction (ISI), fruit d’un partenariat entre l’École des administrateurs de Côte d’Ivoire et l’Institut du Contrôle Interne (ICI) à Paris.

 

Aujourd’hui, Patricia Zoundi Yao met son expertise et son énergie au service des PME ivoiriennes. Un parcours remarquable qui force l’admiration et trace la voie à suivre pour toute une génération d’entrepreneurs africains.

 

Mme Absa Rigoulot Dicko (Directrice exécutive au MPME) parle des projets en cours :

«Mes tâches consistent à seconder la Présidente du MPME. Je dois soutenir la Présidente dans certaines activités. Je m’occupe aussi de la gestion des projets. On est à la conception. On va vers des partenaires pour établir les contacts, pour tisser des liens en vue d’aboutir à des conceptions de projets, à la mise en œuvre des projets.

Par exemple, depuis août 2024 que je suis là, on a quand même fonctionné avec deux ou trois projets. Il y a eu le projet Nimba qui est en relation avec le renforcement des capacités financières et en gestion des ressources humaines des entrepreneurs. C’était un accompagnement dont ont bénéficié environ 100 entrepreneurs. Il y avait des formateurs qui étaient là pour les accompagner réellement sur tout ce qui est mise en place et élaboration du budget prévisionnel et puis élaboration de leur plan budgétaire.

Et après cela il y a eu un programme de renforcement de capacités sur la gestion de leur personnel sur le plan légal. Actuellement, on est sur le projet OKAMI, avec la GIZ. Ce projet vise à former et à insérer environ 25 assistants polyvalents chez nos PME. Ils seront des stagiaires qui viendront ensuite aider le dirigeant. Ils seront comme le bras droit du dirigeant et ils sont polyvalents.

Au début, il y a des stages et après, on les insère en entreprise et à ce moment-là, ils alternent stages et formations qui continuent en fait. Actuellement, c’est sur ce projet-là qu’on est en train de travailler. Là, on a inséré déjà les jeunes. Maintenant, on a commencé la formation alternative au stage.

On est aussi sur deux ou trois autres projets : il y a un projet sur la santé mentale des dirigeants, c’est un projet qu’on a nommé HERE SIRA et on attend des nouvelles. Si nous obtenons le financement, nous allons commencer à travailler dessus.

Il y a un autre projet aussi de renforcement des capacités des dirigeants d’entreprises. Sur ce projet-là, on est en en collaboration avec un grand cabinet d’experts comptables, le cabinet Goodwill avec qui on va travailler sur ce projet. Ce projet-là vise au renforcement des capacités de plusieurs entrepreneurs sur la gestion du  risque et  l’optimisation organisationnelle des structures.

Il est à noter qu’au MPME, nous sommes aussi en train de travailler actuellement sur la notation financière de 50 PME, en collaboration avec un cabinet de notation financière de grande réputation de  la place. On a déjà les notes conceptuelles techniques. On attend de voir avec les partenaires comment on va pouvoir mobiliser les ressources pour mettre en œuvre ce projet-là.»

« Il est à noter qu’au MPME, nous sommes aussi en train de travailler actuellement sur la notation financière de 50 PME, en collaboration avec un cabinet de notation financière de grande réputation de  la place. »

– Absa Rigoulot Dicko

 

QUELQUES CHIFFRES CLÉS

 

  • Le MPME a 45 ans d’existence
  • 3 500 PME accompagnées
  • 816 projets incubés par le MPME
  • Une dizaine de programmes d’accompagnement
  • 525 membres actifs à fin juin 2025

Des Projets Concrets pour Propulser les PME ivoiriennes


Depuis août 2024, Mme Absa Rigoulot Dicko, Directrice exécutive du Mouvement des Petites et Moyennes Entreprises (MPME), insuffle un vent de dynamisme au sein de l’organisation. Bras droit de la Présidente du mouvement, elle pilote avec énergie une série de projets structurants destinés à renforcer l’écosystème entrepreneurial ivoirien.

 

Parmi les initiatives phares, le projet Nimba s’est distingué par son impact. Ce programme, centré sur le renforcement des capacités financières et en gestion des ressources humaines, a permis à une centaine d’entrepreneurs de bénéficier d’un accompagnement de proximité. Grâce à l’intervention de formateurs spécialisés, ces dirigeants ont pu élaborer des budgets prévisionnels solides et des plans budgétaires pertinents, tout en se familiarisant avec la gestion légale du personnel.

 

Actuellement, le MPME est en pleine mise en œuvre du projet OKAMI, en partenariat avec la GIZ. L’objectif : former et insérer 25 assistants polyvalents dans les PME locales. «Ces jeunes seront les bras droits des dirigeants, avec un rôle clé dans le soutien opérationnel des structures», explique Mme Dicko. Le programme alterne stages en entreprise et formation continue, un modèle d’apprentissage innovant déjà en cours de déploiement.

 

D’autres projets sont en cours d’élaboration. Le projet HERE SIRA, axé sur la santé mentale des dirigeants, attend un feu vert financier pour son lancement. Une démarche novatrice qui met l’humain au cœur de la performance entrepreneuriale.

 

Autre chantier d’envergure : un programme de renforcement des capacités en gestion des risques et optimisation organisationnelle, en partenariat avec le cabinet d’expertise comptable Goodwill. Ce projet ambitionne d’apporter des outils concrets à un large panel de chefs d’entreprise pour les aider à naviguer dans un environnement économique complexe.

 

Et ce n’est pas tout. Le MPME travaille également, avec un cabinet de notation financière reconnu, à la mise en œuvre d’un projet de notation de 50 PME ivoiriennes. Les notes conceptuelles sont prêtes, et les discussions avec les partenaires sont en cours pour mobiliser les ressources nécessaires.

 

Avec une stratégie clairement orientée vers l’accompagnement, la professionnalisation et l’innovation, le MPME confirme son rôle de catalyseur du tissu économique local. «Chaque projet que nous lançons est pensé pour avoir un impact direct, durable et mesurable sur les entreprises et les jeunes que nous accompagnons», conclut Mme Dicko.

 

L’avenir des PME ivoiriennes semble donc s’écrire à grande vitesse, sous l’impulsion de projets concrets et d’une équipe dirigeante résolument engagée.

 

Liste des PME reconnues (évolutive)